Inti Solidarité Nicaragua Amérique Centrale

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vendredi 24 juin 2016

Le Grand Canal du Nicaragua est une concession imposée à un pays vaincu

Entretien de Bernard Duterme du CETRI (Centre d’Etudes Tricontinentales Louvain-la-Neuve – Belgique)

avec Manuel Ortega Hegg, Président de l’Académie des Sciences du Nicaragua (ASN) du 17 mars 2016

 Quelles sont les principales critiques de l’ASN sur le projet du Grand Canal ? N’a-t-il pas un rapport coût/bénéfice positif, n’est-il pas une opportunité unique de développement, de prospérité et d’enrichissement pour le Nicaragua comme l’affirment ses promoteurs ?

Entre 2013 et novembre 2015, l’ASN a réuni cinq forums interdisciplinaires et deux ateliers internationaux sur le projet du canal avec des spécialistes de la communauté scientifique nationale et internationale. L’opinion qui s’en est dégagée fut unanime : le projet n’a pas suivi les bonnes pratiques reconnues internationalement, il fait preuve depuis son approbation de sérieuses déficiences quant à l’information et aux analyses de ses effets et, s’il est réalisé sans correction, il peut provoquer un désastre écologique et social de grande ampleur pour le pays et pour toute la région centraméricaine.

Tout ceci découle directement de l’opacité du processus ayant abouti à la concession et de l’absence d’études rigoureuses sur les risques environnementaux et sociaux susceptibles de démontrer que le rapport coût/bénéfice sera effectivement positif.

Nous critiquons sévèrement l’absence de transparence dans la négociation sur la concession et sur l’adjudication de celle-ci en secret et sans appel d’offres public. Or, selon des experts indépendants, plusieurs éléments de cette concession violent les principes et les droits de la Constitution politique du Nicaragua ainsi que d’autres conventions internationales ratifiées par le pays, comme la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail qui protège les droits des peuples indigènes. De ce point de vue cette concession ne peut être que défavorable pour le pays.

Nous critiquons aussi la précipitation avec laquelle on veut mettre la concession en application sans donner ni l’information, ni l’espace, ni le temps nécessaire pour que les citoyens et l’investigation scientifique puissent donner leur point de vue de manière indépendante, ce qui serait susceptible d’améliorer la décision prise.

Nous déplorons que le président Daniel Ortega n’ait pas ouvert d’espaces pour le débat et que semble prévaloir l’appât du gain pour l’investisseur, de même que l’agenda politique du gouvernement dominé par le FSLN qui semble pressé d’éveiller du rêve dans l’électorat à la veille des élections présidentielles de novembre 2016. Tout cela sans prendre en compte les risques écologiques, environnementaux et sociaux qui peuvent se révéler catastrophiques si le projet est réalisé dans la précipitation et sans les études rigoureuses et approfondies que requiert un projet de cette envergure.

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Nicaragua – Les déplacés du Canal

Voici un résumé d’un article de 18 pages de Wilfrido Mirando du 5 mai 2016 ( Confidencial & Conectas)

Plus de 120 000 personnes se verront affectées par la construction du canal.

Les journalistes ont parcouru la route où le canal devrait être construit. Ils ont commencé dans le département de Rivas. C’est à Brito que sera construite l’écluse. Les habitants ont vu arriver les chinois prenant des mesures des terres et des maisons. Ils sont très inquiets car la loi 84P établit dans son article 12 l’expropriation de n’importe quelle propriété dont le concessionnaire a besoin et ceux qui s’opposent peuvent seulement discuter le prix de l’indemnisation. Rien que dans cette région 7117 habitants se verraient affectés par ce projet.

Les paysans se sentent trahis par le gouvernement puis que la loi d’expropriation fut attribuée à Wang Jing, l’entrepreneur chinois, chargé du projet.

Lors des premières incursions de fonctionnaires de l’entreprise HKND, accompagnés d’effectifs de la police et de l’armée, d’un représentant du procureur, les habitants ont jeté des pierres sur une camionnette.

Une majorité d’habitants refuse de quitter ce lieu magnifique proche des plages où leurs ancêtres ont vécu.

Et même avec une indemnisation, personne ne dit où ils pourraient s’installer.

Ils vivent dans une attente qui les angoisse. Certains habitants ont dû interrompre la construction ou la réparation de leurs maisons.

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dimanche 17 avril 2016

Buen Vivir : A la recherche d’une alternative post capitaliste

Fernando de la Cuadra, ALAI – 12 mars 2016 C’est un long article très intéressant qui fait le lien avec la cosmogonie des peuples de l’Altiplano des Andes et les différentes démarches en Europe pour proposer une autre façon de penser la réalité. Dans le concept du Buen Vivir les êtres humains sont en harmonie avec la nature et les autres peuples dont la différence nous enrichit quotidiennement. C’est la reconnaissance des différentes valeurs et formes de concevoir le monde, le respect de tous les êtres qui vivent dans notre maison commune, la terre.

Je m’apprêtais donc de traduire et résumer cet article lorsque je cherchais un complément d’information sur le groupe M.A.U.S.S. (mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales) dont il était question dans l’article.

Je me contente donc de copier quelques passages et vous recommande bien sûr de lire l’intégralité sur les sites. (Ruth)

Ecologie, culture populaire et culture de la pauvreté

Thierry Brugvin

Introduction

…… La pauvreté conviviale et volontaire relève du « vivre ensemble sur les principes de simplicité, de solidarité, de frugalité, de partage, du sens de l’équité ». De plus, la satisfaction des besoins essentiels physiques, matériels et psychologiques est une des conditions du bien vivre. La simplicité volontaire vise à se simplifier la vie et d’accroître leur bonheur de vie, une « vie bonne » grâce au détachement des besoins non essentiels.

Une partie des mouvements écologistes (notamment la justice environnementale) prône une écologie des pauvres, c’est-à-dire une écologie non pas contre les pauvres, mais au service de tous. De plus, certains d’entre eux, en particulier dans les pays en développement, défendent un mode de vie qui puisse être compatible avec une répartition des ressources écologiques non renouvelables. Mais ils ne font pas qu’en faire la promotion ils le vivent concrètement.

La culture de la pauvreté est en relation avec la puissance des pauvres. Cette dernière permet d’affirmer la fierté de sa culture, voir d’une culture de la pauvreté, même s’il faut savoir éviter l’écueil d’une société à deux vitesses, dans laquelle la pauvreté deviendrait un secteur en soi, ad vitam aeternam, permettant aux plus riches de vivre égoïstement.

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Lettre d’info printemps 2016

Bonjour,

Nous sommes à la veille de notre grande FOIRE AUX LIVRES qui prend de plus en plus d’ampleur. Nous espérons que ce sera un grand succès.

Nous souhaitons surtout pouvoir apporter un plus grand soutien au projet du Centre Angelita.

L’association Constellation a une nouvelle présidente et il y aura de nouveau un calendrier pour 2017 après une année d’interruption.

Si vous souhaitez écouter des chansons nicaraguayens, vous pouvez aller sur le site www.radiolaprimerisima.com sous la rubrique canciones.

Hélène Legay est revenue de son séjour au Nicaragua et vous pouvez trouver son récit sur son site https://lenicaragua.fr sur lequel il y a par ailleurs d’autres informations intéressantes.

Dans cette lettre vous trouvez

- Quelques nouvelles de nos projets pédagogiques

- Honduras (assassinat de Berta Caceres, militante écologiste)

- Buen Vivir : A la recherche d’une alternative post capitaliste

Nous vous souhaitons un printemps gai et ensoleillé et vous remercions pour votre solidarité.

Ruth Mougel

Nouvelles de nos projets éducatifs

CDI Eduardo Contreras

Cette année 392 enfants fréquentent le centre, dont

58 bébés à la crèche

119 enfants à la maternelle

215 enfants à l’école primaire

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Atelier Constellation du CDI (Sacuajoche – la fleur nationale))

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vendredi 25 mars 2016

Honduras

Les enfants de la mauvaise herbe. Pour Berta Caceres

Olivier Herrera Marin

« Dans nos cosmovisions nous sommes des êtres surgis de la terre, de l’eau et du maïs. Des rivières nous sommes des gardiens ancestraux, de plus le peuple Lenca est protégé par les esprits des filles qui nous apprennent à donner la vie sous de multiples formes, défendre des rivières signifie donner la vie pour le bien de l’humanité et cette planète »

Paroles de Berta Caceres à la réception du Prix Goldman, 2O15

La Terre est la mère féconde de tous les femmes et les hommes. Au commencement il y avait le soleil et la terre, les mers et le vent, la pluie et les rivières, puis vinrent la semence et le feu, le lait et le pain de maïs. Et les femmes ont donné naissances à des filles et des fils qui se sont dispersés en long et en large de la Pacha Mama peuplant toutes les terres, les vallées et les montagnes de la Terre.

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samedi 13 février 2016

Lettre d’info hiver 2015/2016

Bonjour,

Une nouvelle année scolaire vient de commencer au Nicaragua.

Pour INTI c’est l’heure des bilans et de réflexions pour voir comment redynamiser notre association. Toutes vos suggestions sont les bienvenues.

Comme beaucoup, nous ressentons le malaise créé par l’état d’urgence, les problèmes non résolus des réfugiés, la montée des extrêmes droites. Alors je me suis tournée une nouvelle fois vers l’Amérique Latine où depuis plusieurs années déjà il est question du « buen vivir » inscrit dans la constitution de la Bolivie et de l’Equateur et dont il est aussi souvent question au Nicaragua. En attendant d’approfondir cette question, je vous transmets deux présentations du livre :

LE BUEN VIVIR– Pour imaginer d’autres mondes

de Alberto Acosta, Traduit de l’espagnol par Marion Barailles,

Les éditions Utopia, Paris 2014, 187 pages, 12 euros

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Rentrée scolaire 2016 au Nicaragua

- Les parrainages

Nous estimons qu’il devient important de clarifier le fonctionnement des parrainages. Dans ce dessein, nous retraçons ce programme depuis le début.

Il a débuté en 1990 après la défaite électorale des sandinistes qui a eu comme conséquence la suppression de tout appui de la part des instances de l’Etat aux projets éducatifs issus des initiatives citoyennes pour pallier aux manques d’infrastructures dans ce domaine.

Notre amie, Rosario Pasquier-Luna, directrice du programme éducatif Doris Maria Morales Tijerino (DMMT) a fait appel à nous pour l’aider à sauver cette institution.

Nos familles et quelques amis ont répondu et continuent depuis leur appui.

Il s’agissait de permettre à quelques enfants dont les parents avaient perdu leur emploi ou en situation très précaire de continuer leur scolarité dans ce centre qui depuis sa création promeut une éducation intégrale.

L’argent versé par INTI est géré, comme c’est encore le cas depuis l’origine par Rosario qui connaissant bien la situation économique des familles, attribue des bourses complètes ou partielles.

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