Inti Solidarité Nicaragua Amérique Centrale

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mercredi 6 juillet 2016

Lettre d’info été 2016

Bonjour,

Au regard de l’actualité dans le monde, on pourrait presque penser que le Nicaragua est relativement épargné. Ainsi, même si le tremblement de terre de 7,3 sur l’échelle de Richter, avec ses répliques qui ont duré des jours a effrayé la population, il n’a pas fait de victimes. La prévention contre les catastrophes naturelles semble bien fonctionner. Le gouvernement met aussi beaucoup d’actions en œuvre pour limiter les épidémies de dengue et de zika.

Dans quelques jours, le 19 juillet, les Nicaraguayens vont fêter le 37ième anniversaire de la Révolution.

Nous espérons que le projet du canal n’aboutisse pas à remettre en cause la réconciliation et la paix du pays à l’approche des élections présidentielles en novembre.

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Nos projets pédagogiques

Si nous sommes bien informés sur les activités du CDI – non par des rapports, mais par l’échange régulier de courriels- ce n’est pas le cas avec le Doris où nous avons 11 élèves parrainés.

Cette année nous avons également des problèmes avec le courrier, la correspondance des élèves a leurs parrains, envoyée il y a plus de deux mois, n’est toujours pas arrivée.

Par contre le Doris entretient de bonnes relations avec un collège en Norvège avec une visite annuelle d’un petit groupe d’élèves norvégiens accompagné par des professeurs et une invitation de trois élèves du Doris accompagnés par des enseignants à voyager en Norvège. Plusieurs jeunes parrainés par INTI ont pu aller en Norvège et ont raconté leur expérience avec enthousiasme. Mais il y a eu aussi de grandes déceptions parmi ceux qui n’ont pas été sélectionnés comme Daraili qui avait passé toute sa scolarité dans le projet et qui a commencé cette année ses études à l’Université.

Brisamar a pleuré pendant plusieurs jours après l’annonce qu’elle ne figurait pas dans la sélection de cette année mais elle aura peut-être une chance l’année prochaine, l’année du bac car elle est une excellente élève et participe bien aux activités du collège. INTI n’a jamais eu les moyens pour proposer un tel échange.

A la rentrée scolaire 2016, Victor Garcia a pris sa retraite et la direction est désormais assurée par Lenys (que nous avions invité à Bourg St. Maurice, il y a une quinzaine d’années) et Juan Carlos, enseignant au Doris.

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Le changement climatique assèche le Nicaragua

José Adan Silva – avril 2016

Extraits :

Une sécheresse de trois ans à laquelle s’ajoute une déforestation massive ont asséché la plupart des sources superficielles du Nicaragua de sorte que la population a de plus en plus de difficultés d’ accès à l’eau potable.

La détérioration environnementale de la Réserve Biologique Indio Maïz et les réserves naturelles Cerro Silva et Punta Gorda a été plus importante entre 2009 et 2011 que dans les 26 années précédentes.

Selon l’entreprise britannique ERM qui , à la demande du consortium chinois HKNP, a fait l’étude sur la faisabilité du canal, les grandes réserves naturelles du sud du pays ont perdu jusqu’à 40% de la couverture forestière entre 1983 et 2011.

L’impact de la sécheresse a déjà une forte influence sur l’économie et la sécurité alimentaire dans une grande partie du pays où un tiers de la population survit avec moins de 2 $ US par jour et où 20% sont sous-alimentés.

Les éleveurs de bétail sont très préoccupés par le manque d’eau.

L’Union des Producteurs agricoles calculait qu’en 2015 les pertes occasionnées par la sécheresse s’élevaient à 200 millions de $US

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lundi 27 juin 2016

Concours de natation à l’occasion du mois de l’enfance

Le concours a eu lieu le 16 juin avec la participation de tous les enfants du CDI et de l’Angelita.

Beaucoup de parents de grands-parents étaient présents pour les encourager.

Au Nicaragua, très peu de centres scolaires permettent aux enfants d’apprendre à nager.

Parmi les enfants, trois élèves de l’Angelita ont obtenu une médaille.
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La directrice adjointe du CDI, Edda Mercado remet la médaille à Marbel.

Elle a fait la compétition avec les enfants en sixième du CDI et a remporté le premier prix.

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Les élèves du Centre Angelita Morales

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atelier dessin dans la cour

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vendredi 24 juin 2016

Le Grand Canal du Nicaragua est une concession imposée à un pays vaincu

Entretien de Bernard Duterme du CETRI (Centre d’Etudes Tricontinentales Louvain-la-Neuve – Belgique)

avec Manuel Ortega Hegg, Président de l’Académie des Sciences du Nicaragua (ASN) du 17 mars 2016

 Quelles sont les principales critiques de l’ASN sur le projet du Grand Canal ? N’a-t-il pas un rapport coût/bénéfice positif, n’est-il pas une opportunité unique de développement, de prospérité et d’enrichissement pour le Nicaragua comme l’affirment ses promoteurs ?

Entre 2013 et novembre 2015, l’ASN a réuni cinq forums interdisciplinaires et deux ateliers internationaux sur le projet du canal avec des spécialistes de la communauté scientifique nationale et internationale. L’opinion qui s’en est dégagée fut unanime : le projet n’a pas suivi les bonnes pratiques reconnues internationalement, il fait preuve depuis son approbation de sérieuses déficiences quant à l’information et aux analyses de ses effets et, s’il est réalisé sans correction, il peut provoquer un désastre écologique et social de grande ampleur pour le pays et pour toute la région centraméricaine.

Tout ceci découle directement de l’opacité du processus ayant abouti à la concession et de l’absence d’études rigoureuses sur les risques environnementaux et sociaux susceptibles de démontrer que le rapport coût/bénéfice sera effectivement positif.

Nous critiquons sévèrement l’absence de transparence dans la négociation sur la concession et sur l’adjudication de celle-ci en secret et sans appel d’offres public. Or, selon des experts indépendants, plusieurs éléments de cette concession violent les principes et les droits de la Constitution politique du Nicaragua ainsi que d’autres conventions internationales ratifiées par le pays, comme la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail qui protège les droits des peuples indigènes. De ce point de vue cette concession ne peut être que défavorable pour le pays.

Nous critiquons aussi la précipitation avec laquelle on veut mettre la concession en application sans donner ni l’information, ni l’espace, ni le temps nécessaire pour que les citoyens et l’investigation scientifique puissent donner leur point de vue de manière indépendante, ce qui serait susceptible d’améliorer la décision prise.

Nous déplorons que le président Daniel Ortega n’ait pas ouvert d’espaces pour le débat et que semble prévaloir l’appât du gain pour l’investisseur, de même que l’agenda politique du gouvernement dominé par le FSLN qui semble pressé d’éveiller du rêve dans l’électorat à la veille des élections présidentielles de novembre 2016. Tout cela sans prendre en compte les risques écologiques, environnementaux et sociaux qui peuvent se révéler catastrophiques si le projet est réalisé dans la précipitation et sans les études rigoureuses et approfondies que requiert un projet de cette envergure.

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Nicaragua – Les déplacés du Canal

Voici un résumé d’un article de 18 pages de Wilfrido Mirando du 5 mai 2016 ( Confidencial & Conectas)

Plus de 120 000 personnes se verront affectées par la construction du canal.

Les journalistes ont parcouru la route où le canal devrait être construit. Ils ont commencé dans le département de Rivas. C’est à Brito que sera construite l’écluse. Les habitants ont vu arriver les chinois prenant des mesures des terres et des maisons. Ils sont très inquiets car la loi 84P établit dans son article 12 l’expropriation de n’importe quelle propriété dont le concessionnaire a besoin et ceux qui s’opposent peuvent seulement discuter le prix de l’indemnisation. Rien que dans cette région 7117 habitants se verraient affectés par ce projet.

Les paysans se sentent trahis par le gouvernement puis que la loi d’expropriation fut attribuée à Wang Jing, l’entrepreneur chinois, chargé du projet.

Lors des premières incursions de fonctionnaires de l’entreprise HKND, accompagnés d’effectifs de la police et de l’armée, d’un représentant du procureur, les habitants ont jeté des pierres sur une camionnette.

Une majorité d’habitants refuse de quitter ce lieu magnifique proche des plages où leurs ancêtres ont vécu.

Et même avec une indemnisation, personne ne dit où ils pourraient s’installer.

Ils vivent dans une attente qui les angoisse. Certains habitants ont dû interrompre la construction ou la réparation de leurs maisons.

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dimanche 17 avril 2016

Buen Vivir : A la recherche d’une alternative post capitaliste

Fernando de la Cuadra, ALAI – 12 mars 2016 C’est un long article très intéressant qui fait le lien avec la cosmogonie des peuples de l’Altiplano des Andes et les différentes démarches en Europe pour proposer une autre façon de penser la réalité. Dans le concept du Buen Vivir les êtres humains sont en harmonie avec la nature et les autres peuples dont la différence nous enrichit quotidiennement. C’est la reconnaissance des différentes valeurs et formes de concevoir le monde, le respect de tous les êtres qui vivent dans notre maison commune, la terre.

Je m’apprêtais donc de traduire et résumer cet article lorsque je cherchais un complément d’information sur le groupe M.A.U.S.S. (mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales) dont il était question dans l’article.

Je me contente donc de copier quelques passages et vous recommande bien sûr de lire l’intégralité sur les sites. (Ruth)

Ecologie, culture populaire et culture de la pauvreté

Thierry Brugvin

Introduction

…… La pauvreté conviviale et volontaire relève du « vivre ensemble sur les principes de simplicité, de solidarité, de frugalité, de partage, du sens de l’équité ». De plus, la satisfaction des besoins essentiels physiques, matériels et psychologiques est une des conditions du bien vivre. La simplicité volontaire vise à se simplifier la vie et d’accroître leur bonheur de vie, une « vie bonne » grâce au détachement des besoins non essentiels.

Une partie des mouvements écologistes (notamment la justice environnementale) prône une écologie des pauvres, c’est-à-dire une écologie non pas contre les pauvres, mais au service de tous. De plus, certains d’entre eux, en particulier dans les pays en développement, défendent un mode de vie qui puisse être compatible avec une répartition des ressources écologiques non renouvelables. Mais ils ne font pas qu’en faire la promotion ils le vivent concrètement.

La culture de la pauvreté est en relation avec la puissance des pauvres. Cette dernière permet d’affirmer la fierté de sa culture, voir d’une culture de la pauvreté, même s’il faut savoir éviter l’écueil d’une société à deux vitesses, dans laquelle la pauvreté deviendrait un secteur en soi, ad vitam aeternam, permettant aux plus riches de vivre égoïstement.

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